Une séance de kinésithérapie est un acte remboursé. Sur ce point, il n’y a pas de débat : les actes de masso-kinésithérapie figurent à la nomenclature de l’Assurance Maladie, avec une base de remboursement, un taux de prise en charge et, dans la très grande majorité des cas, un complément versé par la complémentaire santé. Pourtant, des patients découvrent sur leur relevé des séances non remboursées, un reste à charge qu’ils n’attendaient pas ou un forfait « médecines douces » épuisé en deux rendez-vous.
Ces surprises portent rarement sur le principe du remboursement, mais sur ses conditions : une prescription absente, un nombre de séances dépassé sans accord préalable, un dépassement d’honoraires non couvert, ou une séance qui n’était pas, juridiquement, de la kinésithérapie. Elles tiennent aussi à la rédaction des contrats, dont les pourcentages ne disent pas tous la même chose.
Ce guide réunit ce qu’il faut savoir pour choisir une complémentaire santé adaptée et vérifier, avant la première séance, que rien ne fera obstacle au remboursement. Il ne recommande aucun organisme et ne donne aucun conseil médical.
À retenir
- L’Assurance Maladie rembourse la séance de kiné à 60 % de la base de remboursement ; un contrat dit « responsable » doit prendre en charge le reste de cette base.
- Une franchise de 1 € par acte reste toujours à la charge du patient (sauf exonération) : aucune mutuelle ne peut la rembourser.
- Au-delà d’un nombre de séances fixé par un référentiel, un accord préalable de la caisse est nécessaire ; l’oublier interrompt le remboursement.
- Les dépassements d’honoraires ne sont admis qu’en cas d’exigence particulière du patient : c’est le seul cas où une garantie supérieure à 100 % de la base sert réellement.
- L’ostéopathie et la chiropraxie ne relèvent pas de la garantie kiné, mais d’un forfait séparé, souvent partagé entre plusieurs disciplines.
Le remboursement d’une séance repose sur trois éléments : une base de remboursement, un taux appliqué par l’Assurance Maladie et une franchise. Comprendre ces trois éléments suffit à lire n’importe quelle ligne de contrat.
La base de remboursement
La base de remboursement est le tarif de référence retenu par l’Assurance Maladie pour un acte donné. En kinésithérapie, chaque acte est coté à l’aide d’une lettre-clé multipliée par un coefficient qui dépend de la rééducation réalisée. Depuis le 22 février 2024, la valeur de la lettre-clé AMK est fixée à 2,21 € en métropole et à 2,43 € en outre-mer, selon les tarifs conventionnels publiés par l’Assurance Maladie (page mise à jour le 1er juillet 2025). La même page recense les autres lettres-clés propres à certaines rééducations, ainsi que les indemnités de déplacement.
Lorsque le kinésithérapeute conventionné applique le tarif prévu, dit tarif opposable, le prix de la séance est égal à la base de remboursement. C’est la situation ordinaire.
La part de l’Assurance Maladie
Pour les actes des masseurs-kinésithérapeutes, le taux de remboursement de l’Assurance Maladie est de 60 % de la base, d’après le tableau récapitulatif des taux de remboursement d’ameli.fr (mise à jour du 19 janvier 2026). Ce taux découle d’un cadre réglementaire : l’article R160-5 du code de la sécurité sociale fixe la participation de l’assuré pour les honoraires des auxiliaires médicaux dans une fourchette de 35 à 45 %, le taux précis étant arrêté par l’Union nationale des caisses d’assurance maladie.
Le ticket modérateur est la part de la base qui n’est pas remboursée par l’Assurance Maladie. En kinésithérapie, il représente donc 40 % de la base. Le site Service-Public.fr (mise à jour du 7 avril 2026) en donne la définition générale et rappelle qu’il peut être pris en charge par la complémentaire santé.
La franchise de 1 €
À chaque acte paramédical, une franchise médicale de 1 € est déduite du remboursement. Elle est plafonnée à 4 € par jour pour un même patient et à 50 € par an, tous actes et prestations concernés confondus, selon la page d’ameli.fr consacrée à la franchise médicale (mise à jour du 19 décembre 2025). Les mineurs, les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire et les femmes enceintes à partir du sixième mois de grossesse figurent parmi les personnes exonérées.
Ce point a une conséquence directe sur le choix d’une mutuelle : la franchise reste à votre charge quel que soit votre contrat. Le tableau d’ameli.fr le formule explicitement : la mutuelle ne peut pas la rembourser.
Qui paie quoi : un exemple
Le tableau suivant illustre la répartition pour une séance au tarif opposable. La base de 20 € est fictive et choisie pour la lisibilité du calcul ; le montant réel dépend de la cotation de l’acte.
| Élément | Calcul | Montant (base fictive de 20 €) |
|---|
| Prix de la séance au tarif opposable | égal à la base | 20,00 € |
| Remboursement de l’Assurance Maladie | 60 % de la base | 12,00 € |
| Franchise médicale déduite | forfait par acte | − 1,00 € |
| Versé par l’Assurance Maladie | 12 € − 1 € | 11,00 € |
| Ticket modérateur | 40 % de la base | 8,00 € |
| Versé par une mutuelle « 100 % BR » | complète jusqu’à 100 % de la base | 8,00 € |
| Reste à charge du patient | franchise | 1,00 € |
Ce que le contrat responsable garantit déjà
De nombreuses complémentaires santé sont des contrats dits « responsables ». Ce statut correspond à un cahier des charges fixé par le code de la sécurité sociale, en contrepartie d’avantages fiscaux et sociaux.
L’article R871-2 du code de la sécurité sociale, dans sa version en vigueur depuis le 28 novembre 2025, impose aux contrats responsables de prendre en charge l’intégralité de la participation de l’assuré. Il prévoit quelques exceptions limitativement énumérées, qui renvoient à certains alinéas de l’article R160-5 : certains médicaments, les spécialités homéopathiques et les soins thermaux. Les honoraires des auxiliaires médicaux, dont relèvent les kinésithérapeutes, n’en font pas partie.
En pratique, même la formule la plus simple d’un contrat responsable ramène donc le remboursement total de la séance à 100 % de la base ; au tarif opposable, le reste à charge se limite à la franchise. Deux limites demeurent : la franchise, que Service-Public.fr classe parmi les sommes généralement non remboursées par les contrats responsables, et les dépassements d’honoraires, dont la couverture dépend de la garantie choisie.
La mention « contrat responsable » figure normalement dans les conditions générales ou la notice. Si elle est absente, interrogez l’organisme : un contrat non responsable peut ne compléter qu’une partie du ticket modérateur, et laisser un reste à charge sur chaque séance.
Prescription, renouvellement et accès direct : ce que disent les textes
Avant de parler de garanties, il faut que la séance soit remboursable. Le premier filtre est la prescription.
La voie ordinaire : la prescription médicale
L’article L4321-1 du code de la santé publique pose le principe : lorsqu’il agit dans un but thérapeutique, le masseur-kinésithérapeute pratique son art sur prescription médicale. C’est la situation la plus courante. L’ordonnance précise la rééducation à réaliser ; le kinésithérapeute établit ensuite un bilan et détermine, dans ce cadre, le nombre de séances utiles.
Le même article autorise le kinésithérapeute à adapter, sauf indication contraire du médecin, dans le cadre d’un renouvellement, les prescriptions médicales initiales d’actes de masso-kinésithérapie datant de moins d’un an. Cette faculté évite un retour systématique chez le médecin pour une rééducation qui se poursuit.
L’accès direct sans prescription
Depuis la loi du 19 mai 2023, dite « loi Rist », le patient peut consulter un kinésithérapeute sans prescription dans certains cadres. L’article L4321-1 du code de la santé publique les énumère : établissements de santé, établissements et services sociaux et médico-sociaux, et structures d’exercice coordonné. Le portail Santé.fr détaille ces cadres (mise à jour du 21 mai 2026) : équipes de soins primaires et spécialisés, centres de santé, maisons de santé pluriprofessionnelles, établissements de santé et services médico-sociaux.
Deux conditions encadrent ce dispositif :
- lorsque le patient n’a pas eu de diagnostic médical préalable, l’accès direct est limité à huit séances ;
- un bilan initial et un compte rendu des soins sont systématiquement adressés au médecin traitant et au patient.
À ces cadres s’ajoute une expérimentation au sein des communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS). Le décret n° 2024-618 du 27 juin 2024 l’a organisée pour une durée de cinq ans, avec la même limite de huit séances par patient sans diagnostic préalable. D’après Santé.fr, un arrêté du 6 juin 2025 fixe la liste des vingt départements concernés.
Ce que cela change pour le remboursement
Santé.fr indique que les soins réalisés en accès direct sont pris en charge dans les conditions habituelles de la nomenclature : le remboursement est le même, avec ou sans prescription, dès lors que le cadre légal est respecté. La mutuelle, de son côté, suit en principe le remboursement de l’Assurance Maladie.
Le point de vigilance est donc le cadre, et non la garantie. Un kinésithérapeute exerçant seul, hors structure coordonnée et hors département expérimental, ne peut pas pratiquer l’accès direct. Avant un rendez-vous sans ordonnance, demandez au cabinet s’il exerce dans l’un des cadres prévus ; les règles et la liste des territoires se vérifient à la date des soins.
Le seuil de séances et l’accord préalable
C’est la cause la plus fréquente d’interruption du remboursement en cours de traitement, et celle qui surprend le plus : les premières séances ont été remboursées sans difficulté, puis les suivantes ne le sont plus.
Des référentiels par pathologie
Pour certaines rééducations, des référentiels fixent un nombre de séances au-delà duquel la poursuite doit être autorisée par le service médical de l’Assurance Maladie. Il ne s’agit pas d’un plafond médical : ces référentiels indiquent ce qui est habituellement nécessaire et n’interdisent pas de continuer.
Selon la page d’ameli.fr destinée aux masseurs-kinésithérapeutes, seules les situations de rééducation pour lesquelles un référentiel a été validé par la Haute Autorité de santé sont soumises à cette procédure ; quatorze référentiels ont été élaborés et validés. Ils concernent notamment des suites de chirurgie orthopédique, des entorses ou des cervicalgies. La HAS a, par exemple, rendu une décision sur le référentiel relatif à la cervicalgie non spécifique, qui illustre ce mécanisme.
La page d’ameli.fr destinée aux assurés (mise à jour du 3 février 2026) cite des exemples de seuils : 15 séances pour une cervicalgie commune, 50 séances après une chirurgie de la coiffe des rotateurs. Ces nombres peuvent évoluer : seule la version en vigueur à la date des soins fait foi.
La procédure
Lorsque le kinésithérapeute estime qu’une prolongation est nécessaire, il se concerte avec le médecin prescripteur, puis adresse une demande d’accord préalable au service médical de la caisse, sur le formulaire prévu à cet effet, avec la prescription et un argumentaire. La caisse dispose de 15 jours pour répondre ; selon ameli.fr, l’absence de réponse dans ce délai vaut acceptation.
L’oubli et ses effets
Si la demande n’est pas formée, les séances au-delà du seuil ne sont pas remboursées par l’Assurance Maladie. La complémentaire, qui intervient en complément du régime obligatoire, ne les prend généralement pas en charge non plus. Le patient le découvre souvent plusieurs semaines après, sur son relevé.
La régularisation n’étant pas toujours possible, la question se pose en cours de traitement :
- demandez, dès le bilan initial, combien de séances sont envisagées ;
- signalez que vous souhaitez être informé si le seuil doit être dépassé ;
- vérifiez qu’une demande d’accord préalable a bien été envoyée le cas échéant ;
- conservez la notification, que certaines complémentaires peuvent demander.
Ne pas confondre renouvellement et accord préalable
Le renouvellement de prescription et la demande d’accord préalable sont deux démarches distinctes. Le premier émane du médecin, ou du kinésithérapeute dans les limites de l’article L4321-1 ; la seconde s’adresse à la caisse. Une ordonnance renouvelée ne dispense pas de l’accord préalable lorsque celui-ci est exigé par un référentiel.
Les dépassements d’honoraires : rares, mais à anticiper
Si la base de remboursement et le prix de la séance coïncident presque toujours, c’est parce que les kinésithérapeutes conventionnés sont tenus au tarif opposable. Les exceptions existent, mais elles sont étroitement encadrées.
Le cadre conventionnel
La convention nationale des masseurs-kinésithérapeutes, approuvée par l’arrêté du 10 mai 2007, prévoit que le praticien s’interdit tout dépassement en dehors de circonstances exceptionnelles de temps ou de lieu dues à une exigence particulière du malade. Le dépassement doit alors être fixé avec tact et mesure, et son montant comme son motif doivent figurer sur la feuille de soins. Dans la pratique, on parle de dépassement pour exigence particulière, souvent abrégé « DE ».
Il s’agit par exemple d’un rendez-vous demandé par le patient à un horaire inhabituel, ou dans un lieu que son état ne justifie pas. Un dépassement systématique, sans demande particulière du patient, ne correspond pas à ce cadre.
Le déplacement à domicile
Une séance réalisée au domicile du patient donne lieu à une indemnité de déplacement lorsqu’elle est justifiée par son état. Les tarifs conventionnels d’ameli.fr fixent l’indemnité forfaitaire de déplacement à 2,50 €, avec des indemnités kilométriques dans certains cas. Si le déplacement n’est pas médicalement justifié et résulte d’un choix de confort, il relève de l’exigence particulière et peut rester à la charge du patient.
Ce que cela implique pour le choix de la mutuelle
Les dépassements sont le seul cas où une garantie supérieure à 100 % de la base est réellement utile en kinésithérapie de ville. Si vous n’en rencontrez jamais, une garantie à 150 % ou 200 % de la base n’apportera rien de plus qu’une garantie à 100 % sur ce poste. Si votre situation vous conduit à demander des horaires ou des lieux particuliers, la ligne « dépassements » devient déterminante.
Reprenons la base fictive de 20 €, avec une séance facturée 30 € en raison d’une exigence particulière :
| Garantie de la mutuelle | Versé par l’Assurance Maladie | Versé par la mutuelle | Reste à charge |
|---|
| 100 % BR | 11 € (12 € − franchise) | 8 € | 11 € |
| 150 % BR | 11 € | 18 € | 1 € |
| 200 % BR | 11 € | 18 € (plafonné aux frais réels) | 1 € |
Au-delà d’un certain niveau, la garantie ne sert plus : la mutuelle ne rembourse jamais plus que la dépense réelle.
Lire la ligne « kinésithérapie » d’un tableau de garanties
Les tableaux de garanties utilisent plusieurs formulations pour un même poste. Elles ne se lisent pas toutes de la même façon.
Les formulations courantes
| Formulation | Ce qu’elle signifie en général | Point à vérifier |
|---|
| « 100 % BR » | Remboursement total (Assurance Maladie + mutuelle) égal à la base | Le montant inclut-il la part de l’Assurance Maladie ? C’est le cas le plus fréquent |
| « TM » ou « ticket modérateur » | La mutuelle rembourse la part non prise en charge par l’Assurance Maladie | Équivaut en pratique à 100 % BR au tarif opposable |
| « 150 % BR », « 200 % BR » | Remboursement total jusqu’à 1,5 ou 2 fois la base | Utile seulement en cas de dépassement |
| « 100 % BR + X € » ou forfait annuel | Complément en euros au-delà de la base | Le forfait est-il par séance ou par an ? |
| « Frais réels » | Remboursement de la dépense, dans la limite indiquée | Existe-t-il un plafond annuel ? |
La lecture la plus courante est que le pourcentage exprime le remboursement total, part de l’Assurance Maladie comprise. Une garantie « 150 % BR » ne verse donc pas 150 % de la base en plus du régime obligatoire : elle complète jusqu’à 150 % de la base au total. Quand la notice ne le précise pas, il faut le demander par écrit.
Les pièges de rédaction
Trois situations appellent une attention particulière :
- le poste n’est pas nommé : la kinésithérapie est souvent regroupée sous « auxiliaires médicaux » ou « soins courants ». Il faut vérifier que la ligne couvre bien les actes des masseurs-kinésithérapeutes ;
- les garanties différenciées : certains contrats distinguent les praticiens selon des critères propres aux médecins, dont la portée pour les kinésithérapeutes mérite d’être vérifiée ;
- les plafonds : un plafond annuel en euros sur les auxiliaires médicaux peut être atteint lors d’une rééducation longue, alors même que le pourcentage paraît confortable.
Les définitions de ces termes figurent dans notre lexique de la kinésithérapie, qui peut servir de repère au moment de relire une notice.
Le tiers payant
Le tiers payant évite d’avancer les frais. Souvent pratiqué en kinésithérapie sur la part obligatoire, il l’est parfois sur la part complémentaire. Il ne modifie pas le montant remboursé, mais facilite un traitement de plusieurs semaines : la question se pose à l’organisme comme au cabinet.
ALD, accident du travail, hospitalisation : les cas particuliers
Certaines situations modifient la prise en charge et, par conséquent, le rôle de la complémentaire.
Les affections de longue durée
Pour une affection de longue durée dite exonérante, les frais de santé liés à la maladie sont pris en charge au maximum remboursable par la Sécurité sociale, selon la page d’ameli.fr consacrée aux affections de longue durée (mise à jour du 9 janvier 2026). La même page précise que les dépassements d’honoraires et les franchises restent à la charge du patient.
Cette prise en charge renforcée vaut pour les soins liés à la pathologie reconnue, et non pour l’ensemble des soins du patient. Une rééducation sans rapport avec l’affection relève du régime ordinaire, avec le complément de la mutuelle. Sur le plan pratique, c’est le médecin qui indique, sur l’ordonnance adaptée, si les soins sont en rapport avec l’affection.
Les accidents du travail et maladies professionnelles
Les soins consécutifs à un accident du travail ou à une maladie professionnelle reconnus relèvent d’un régime spécifique, plus favorable que le régime ordinaire ; les modalités se vérifient auprès de la caisse.
Pendant et après une hospitalisation
La rééducation réalisée pendant un séjour hospitalier est comprise dans la prise en charge du séjour. Celle qui suit la sortie, en cabinet ou à domicile, relève du régime de ville décrit dans ce guide : c’est souvent là que se posent les questions de seuil et de déplacement.
Ostéopathie, chiropraxie : un poste distinct
Deux séances peuvent se ressembler, se dérouler dans le même cabinet, parfois avec le même praticien, et relever de régimes opposés. Cette distinction est essentielle au moment de choisir une mutuelle.
Hors de la nomenclature
L’ostéopathie et la chiropraxie ne figurent pas à la nomenclature des actes remboursables par l’Assurance Maladie. Une séance d’ostéopathie facturée comme telle n’ouvre donc aucun remboursement obligatoire, y compris lorsque le praticien est par ailleurs masseur-kinésithérapeute : pour ces séances, il exerce hors du champ remboursable. La facture fait la différence : une séance de kinésithérapie est cotée selon la nomenclature, une séance d’ostéopathie est facturée librement, sans cotation.
Le forfait « médecines douces »
Ce forfait est l’enveloppe qui couvre les pratiques non remboursées. Il s’exprime généralement en euros par séance, avec un nombre maximal de séances ou un plafond annuel. Il est souvent partagé entre plusieurs disciplines : ostéopathie, chiropraxie et d’autres pratiques selon les contrats.
Rien n’empêche l’une de ces disciplines de consommer l’enveloppe avant que vous n’utilisiez les autres. Un contrat peut être excellent sur la kinésithérapie et nul sur ce poste, ou l’inverse : les deux se lisent séparément.
Quatre questions permettent de l’évaluer :
- la séance est-elle cotée selon la nomenclature, ou facturée librement ?
- mon contrat distingue-t-il la kinésithérapie du forfait médecines douces ?
- ce forfait est-il dédié à une discipline, ou partagé entre plusieurs ?
- quel est le montant par séance, et le plafond annuel ?
Une méthode pour choisir sa garantie
Il n’existe pas de « meilleure » mutuelle dans l’absolu : la bonne garantie dépend de votre situation. La démarche tient en quatre étapes.
Étape 1 : identifier votre profil
- Rééducation ponctuelle (entorse, suites d’un traumatisme simple) : un contrat responsable qui couvre le ticket modérateur suffit en général, si le kinésithérapeute applique le tarif opposable.
- Rééducation longue (suites de chirurgie, pathologie chronique) : le nombre de séances, la question de l’accord préalable, les éventuels plafonds annuels et le tiers payant prennent de l’importance.
- Soins à domicile ou à horaires particuliers : la couverture des dépassements devient une ligne à part entière.
- Recours régulier à l’ostéopathie : le forfait médecines douces, son caractère dédié et son plafond sont à examiner séparément.
Étape 2 : lire les lignes dans l’ordre
Commencez par la ligne qui garantit le complément de la base, puis la couverture des dépassements, puis le forfait des pratiques non remboursées, et terminez par les services associés, comme le tiers payant. Notre comparatif des garanties kinésithérapie applique une grille de lecture de ce type aux documents publics de plusieurs organismes, sans recommandation commerciale.
Étape 3 : poser les questions par écrit
Seuls les conditions générales, la notice et le tableau de garanties engagent l’organisme : pour un doute précis, une question écrite laisse une trace.
Étape 4 : réévaluer si nécessaire
Un contrat individuel de complémentaire santé peut être résilié à tout moment après un an d’engagement, comme le rappelle Service-Public.fr (page vérifiée le 19 juin 2026). Si vos besoins évoluent, rien n’oblige à conserver une garantie inadaptée. Pour un contrat collectif d’entreprise, les règles sont différentes et dépendent de l’employeur.
La checklist avant de signer ou de commencer un traitement
- ☐ Mon contrat est-il un contrat responsable ?
- ☐ La ligne « kinésithérapie » ou « auxiliaires médicaux » couvre-t-elle au moins 100 % de la base de remboursement ?
- ☐ Le pourcentage affiché inclut-il la part de l’Assurance Maladie ?
- ☐ Existe-t-il un plafond annuel sur ce poste ?
- ☐ Les dépassements pour exigence particulière sont-ils couverts, et jusqu’à quel niveau ?
- ☐ Le forfait médecines douces est-il dédié ou partagé, et quel est son plafond ?
- ☐ Le tiers payant est-il pratiqué sur la part complémentaire ?
- ☐ Ai-je une prescription valable, ou le cabinet exerce-t-il dans un cadre d’accès direct ?
- ☐ Le nombre de séances envisagé dépasse-t-il un référentiel nécessitant un accord préalable ?
- ☐ Les séances à domicile sont-elles justifiées par mon état, et donc indemnisées ?
Questions fréquentes
Le kiné est-il remboursé sans ordonnance ?
Oui, dans les cadres prévus par la loi : établissements, structures d’exercice coordonné comme les maisons et centres de santé, et CPTS des départements retenus pour l’expérimentation. Sans diagnostic médical préalable, la prise en charge est limitée à huit séances et le médecin traitant reçoit un bilan. Hors de ces cadres, la prescription reste nécessaire. D’autres réponses figurent sur notre page de questions fréquentes.
Pourquoi reste-t-il 1 € à ma charge alors que ma mutuelle rembourse à 100 % ?
Parce qu’il s’agit de la franchise médicale sur les actes paramédicaux. Elle est déduite du remboursement de l’Assurance Maladie, dans la limite de 4 € par jour et de 50 € par an, et la mutuelle ne peut pas la rembourser. Certaines personnes en sont exonérées, notamment les mineurs et les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire.
Une garantie à 200 % de la base est-elle utile pour le kiné ?
Seulement si vous êtes exposé à des dépassements d’honoraires, qui ne sont admis qu’en cas d’exigence particulière du patient. Au tarif opposable, une garantie à 100 % de la base couvre déjà toute la dépense, franchise mise à part. Un niveau plus élevé peut en revanche compter pour d’autres postes du contrat.
Que faire si l’accord préalable n’a pas été demandé ?
Il faut d’abord vérifier auprès du kinésithérapeute si une demande a été envoyée, puis contacter la caisse pour connaître la situation des séances concernées. La régularisation n’est pas toujours possible, d’où l’intérêt d’aborder la question dès le bilan initial.
Mon kiné pratique aussi l’ostéopathie : comment serai-je remboursé ?
Selon la nature de la séance. Une séance de kinésithérapie cotée selon la nomenclature relève de la garantie kiné. Une séance d’ostéopathie facturée librement ne donne lieu à aucun remboursement de l’Assurance Maladie, et seul un éventuel forfait médecines douces peut intervenir. La facture indique de quelle catégorie relève la séance.
Conclusion
En kinésithérapie, le remboursement est acquis dans son principe ; ce sont les conditions qui décident du résultat. Un contrat responsable complète déjà la base de remboursement, si bien qu’au tarif opposable le reste à charge se limite à la franchise de 1 €. Les écarts viennent d’ailleurs : une prescription manquante ou hors du cadre de l’accès direct, un référentiel dépassé sans accord préalable, un dépassement pour exigence particulière non couvert, ou une séance d’ostéopathie imputée sur un forfait déjà épuisé.
Choisir sa mutuelle revient donc moins à rechercher le pourcentage le plus élevé qu’à vérifier quatre lignes : le complément de la base, les dépassements, le forfait des pratiques non remboursées et le tiers payant. Les règles évoluent, qu’il s’agisse des référentiels, des tarifs ou de l’accès direct : seuls les documents de votre organisme et les informations de votre caisse, à la date des soins, font foi.
Pour aller plus loin, vous pouvez consulter nos articles sur la prise en charge ou nous écrire si une règle vous paraît mal expliquée.
Ce guide est publié à titre informatif. Il ne remplace pas les conditions générales et particulières de votre contrat, qui seules déterminent l’étendue de vos garanties.